La science et les provinces à l’appui de la foresterie écosystémique

On a franchi une étape importante en vue d’accroître la similarité entre les paysages forestiers naturels et aménagés, en veillant essentiellement à ce que les pratiques d’aménagement forestier s’inspirent davantage de la nature. Plus tôt ce mois-ci, les entreprises forestières membres de l’Association des produits forestiers du Canada, en collaboration avec de grands organismes environnementaux, ont annoncé leur engagement envers une nouvelle approche pour améliorer l’aménagement écologique du plus grand écosystème du Canada, la forêt boréale. Les Exigences forestières pour l’analyse de la plage de variabilité naturelle (PVN) et l’établissement de cibles représentent un engagement volontaire solide des sociétés membres de l’APFC et d’autres intervenants à aménager la forêt boréale en utilisant la connaissance des modèles naturels de structure et de composition des écosystèmes pour guider les activités d’aménagement forestier.

L’idée d’utiliser la PVN en forêt a été soulevée il y a près de 20 ans par la science de la biologie de la conservation et c’est la base conceptuelle de l’approche d’aménagement forestier écosystémique (AFE) en foresterie. Dans le cadre du travail entrepris par l’Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC),  un examen complet de la science en évolution sur laquelle se base la PVN a été commandé : Vers une stratégie en matière de plage de variabilité naturelle (PVN) pour l’Entente sur la forêt boréale canadienne.

La plupart des données scientifiques relatives à la PVN ainsi que la réflexion sur ses applications proviennent, ces dernières années, des services scientifiques des gouvernements provinciaux canadiens. Les signataires de l’EFBC ont commandé un examen détaillé de la façon dont les concepts d’AFE, et en particulier la PVN, sont appliqués dans les forêts boréales canadiennes : Le point sur l’aménagement forestier écosystémique (AFE) : Obstacles et possibilités en matière d’AFE au Canada.

Certaines conclusions de ces rapports révèlent l’envergure de l’esprit d’initiative provinciale à cet égard et la nécessité d’un leadership volontaire du secteur forestier pour faire progresser le concept.

Plusieurs provinces appliquent déjà les concepts d’AFE par leurs politiques. Par exemple, le rapport sur l’AFE indique que l’Ontario « a élaboré l’approche la plus complète pour mettre en œuvre des lignes directrices de planification forestière qui imitent les compositions en espèces, les structures et les régimes naturels dans le paysage ».

La Colombie-Britannique et le Québec ont aussi accompli beaucoup de travail à cet égard. Le même rapport souligne que le Québec voit à « assurer le maintien de la biodiversité et la viabilité des écosystèmes en diminuant les écarts entre la forêt aménagée et la forêt naturelle ».

En même temps, il y a aussi des différences dans la façon dont les provinces envisagent l’AFE et l’étape de sa progression où elles sont rendues. La plupart des provinces travaillent encore à élaborer des normes claires pour opérationnaliser l’AFE dans les pratiques d’aménagement forestier.

Dans la foulée de ces conclusions, les signataires de l’EFBC ont entrepris des activités pour faire progresser et approfondir l’application de cette approche fondamentale d’aménagement, dans bien des cas en tirant profit de la voie tracée par vingt ans de vision scientifique et technique forgée par les gouvernements provinciaux du Canada. Ce travail sur les pratiques de récolte complète d’autres travaux réalisés dans le cadre de l’EFBC, comme la planification des aires protégées et le rétablissement d’espèces comme le caribou.

 


Diane Roddy est la coordonnatrice du groupe de travail national sur l’objectif 1 de l’Entente sur la forêt boréale canadienne.